Voilà, nouvelle année, et nouvelle façon de voir les choses.
C'est un peu étrange toute cette histoire. Dans un sens, en y repensant, j'en ai mal au coeur, parfois la pillule est encore dure à avaler...j'ai encore à quelques moments ce sentiment de refoulement en le regardant. Quand je suis énervée, ou excédée, j'ai cette pensée stupide, qui me vient à l'esprit ; je m'en veux d'avoir pardonné ou vite. Parce que c'est le cas. Sinon le dégoût aurait prit le dessus, et je ne serais pas là où je suis aujourd'hui. Alors je me dis que je m'en veux plus à moi qu'a n'importe qui, tout ça..c'est pas moi, enfin c'etait pas moi. De faire aussi vite l'impasse, j'avale avec difficulté le fait que oui, j'ai pardonné. Oublier, non, surement pas; impossible de faire comme si tout ça n'avait jamais exister, même si je l'avais souhaité du plus profond de mon être cela aurait été impossible. Mais par peur et risque d'avoir tout à perdre j'ai sans doute céder trop vite.
Peut etre que le message serait tout autant passé voir plus si j'avais fait comprendre avec plus de facilité le risque qu'il y avait à me perdre définitivement.
Bref, maintenant c'est fait..alors comme tout se passe au mieux à présent, je ne regrette pas vraiment la façon dont j'ai pu amortir les choses; c'est compliqué dans mon esprit, mais oui, malgré mon pardon, j'ai encore cette pensé qui se coince dans ma gorge et me brûle les poumons, qui m'étouffe, quand les rares images me parviennent encore; J'ai l'estomac qui se sert, cette sensation tellement forte et etouffante qu'elle intervient physiquement sur mon corps. Mon estomac qui se tort juste à la seule pensée que...
Et pourtant, j'ai tellement prit de recul sur tout ça, que j'ai su lui pardonner à elle. Comment ais-je pu lui trouver la moindre sympathie ? Comment ais-je pu, et su lui parlé sans avoir l'envie mordante de la taper ? Alors que cela hantait mes rêves pendant plus d'un mois...J'aurais voulu qu'elle soit banale, moche, ou d'une beauté sans charme, afin que l'idée seule d'une comparaison, puisse me valoriser de loin. Même, que chacun puisse se dire 'il n'ya pas de comparaison à faire, 'c'est évident, c'est Morgane qui vaut tout et de loin...' Même pas, jolie et charmante, et gentille. C'est le monde à l'envers...en partant du fait que je suis jolie, pourquoi faire ça, quel est l'intérêt ? Une moche à la limite aurait pu me donner une réponse satisfaisante à l'égo prédominant de ma personnalité.
Est-ce que j'y comprends plus que vous tous, si au final je l'apprécie? Si je me souviens bien, je n'ai jamais demandé à me rapprocher d'elle, encore moins à la trouver sympathique. Ce genre de filles, n'a rien de sympa, rien que par principes. Elles sont vicieuses, tordues, manipulatrices, détestables, infâmes, elles me donnent envie de leur cracher à la gueule, de vomir. Elle a fait ressortir ce que j'avais de pire en moi, ce que j'ai de plus mauvais, ce qui en 22 ans, n'avait jamais fait sa parution. Elle m'a fait douter, pleurer, mépriser, hair, souffriiiiir, comme jamais personne n'avait su le faire. Elle m'a insufflé ce désir de taper. Pas la simple claque, mais la libération par les poings, les dents et la fureur. C'était mon rêve et mon cauchemard, la rencontrer, et me libérer, me transformer pendant quelques minutes, en la pire des furies, me soulager phisiquement, de cette pillule qui ne passe pas. La garde à vue, la plainte suite à ça, je m'en foutais; seule le DESIR de vengeance comptait. J'ai faumenté les pires plans, afin de mettre en oeuvre tout ceci. Tout était déjà programmé, je n'attendais plus qu'un seul déclencheur : encore une bévue de sa part...car malgré tout, je ne voulais pas y aller sans une énième provocation, pour me dire que l'on m'avait poussé à bout, et que je ne faisais pas tout ça, sans que cela soit mérité de l'autre coté. Et aujourd'hui je ne comprends plus. Des explications face à face. Je suis arrivée en avance, je suis partie un peu plus loin, car je ne voulais pas que ce soit elle qui ai le loisir d'arriver après. Une silhouette de première abord banale, clairement stressée, surement pire que moi. Je l'ai suivi. J'ai eu droit à des explications, certes spéciales mais qui dans un sens, se valaient. Ce qui m'a énervée, c'est de voir dans son regard, lorsque je l'ai croisé, de la sympathie..vous savez, ce genre de personne qui inspire la gentillesse, le charme, la douceur rien que par le physique. Et je me suis retrouvée toute con, face à elle, je me suis méprisée, jugée rude, dure, abrupte, sans charme, banale..ma voix, mes gestes, m'ont dégouté.. Je me suis dis qu'à ses côtés, ma douceur était inexistente; je me suis répugniée. Voilà, j'ai enfin trouvé le mot juste : face à elle, je n'ai aucune prestance, aucune présence. Je m'en suis voulu, me suis détestée, si seulement j'avais été jolie, intelligente, douce, et bourrée de ce charme particulier qui vous marque à jamais dans les mémoires; ce ne serait peut être pas arrivé. Un court instant, j'ai voulu être elle. Si seulement elle n'avait eu que ce charme qui attire tous les regards et les jalousies. Mais il y a qu'elle est S Y M P A T H I Q U E. Ce qui fait que mon désir de vengeance s'est très vite évanouie, tout comme le peu de confiance en moi qu'il me restait, ou que j'avais su gagner au cours de ces derniers mois. Je n'ai eu que pour me rattraper, que ce semblant de parler franc, celui qui me caractérise, ma manière peu orthodoxe de former mes phrases sans la moindre pudeur. Dès les premiers mots, j'ai pourtant su que sans tout cette histoire, on aurait pu s'entendre, il y a eu comme ce feeling, présent, malgré l'étau qui s'est formé autour de nous durant ces dernieres semaines. La rencontrer c'était aller au dessus du hasard ou du destin. On l'a choisit, l'heure, le lieu, tout a été programmé et sans la mauvaise surprise de la confrontation invoulue, qui rend encore plus mal à l'aise, dans laquelle aucune ne peut avoir le dessus. J'en avais entendu parlé, je connaissais son visage, elle était aussi présente que vivante dans mon esprit, et elle était enfin là, à 50 cm de moi, pour de vrai, enfin....Et c'était aller au delà des principes, faire ce que personne ne peut faire, la sagesse d'une discussion dans laquelle chacune sait et peu dire ce qu'elle a sur le coeur. Ce qui me perturbe, s'est aussi que envers et contre tous les moeurs qui existent dans ce genre de situation, on s'apprécie. Que les gens sont contre ça, en insistant bien pour me dire que 'c'est contre les principes. "Au vu de ce qu'elle a su faire, tu n'as pas à lui parler c'est égoiste de ta part". Il n'y a pourtant pas de mode d'emploi, chaque personne et situation se déroule selon le caractère de chacun, le vécu et le perçu. J'ai l'impression qu'on me punit d'avoir su être sage et apprécier une personne que je ne me devais pas d'aimer au départ. De renier une possible amitié. Les gens sont stupides, lorsque je parlais de taper ou de sèches explications et éclaircissements, ils étaient tous d'accord me disant que c'est ce qui se faisait dans ce type de déroulement. A présent que tout s'inverse et que je vais au delà de tout principe, cela ne va plus. Certes, pour lui qui n'assume pas, c'est garder une trace d'elle parmi notre quotidien et j'avoue que cela n'est pas facile, quand on cherche à oublier l'erreur que l'on a su faire.
Mais c'est me donner le mauvais rôle que de me faire passer pour la méchante à lui parler. C'est un peu trop à mon goût, me faire le reproche de mal me comporter, quand à la base rien de tout ça ne se serait déroulé si...J'y suis allée sûrement fort et vite, et j'irais avec un rythme plus doux et plus méfiant dès maintenant. Mais qu'on ne me juge pas sur mon rapprochement, car mon esprit de contradiction, ne va pas apprécier. Je sais ce que je fais, et que l'on se prétende mieux savoir que moi, je dirais : vivez tout ça et on verra si vous vous en sortez aussi bien, aussi juste et sage.
Jugée parce que je ne suis pas les traditions...Qui peut se prétendre savoir mieux que quiconque, à part celui qui vit les évènements ? Qui a la prétention de me dire qu'il sait mieux que moi, ou qu'il saura faire mieux ? Il faudra d'abord passer par la souffrance que j'ai vécu, par les évènements que j'ai subi..et on en discutera à cette condition. Ce que je veux à présent, c'est reprendre le controle, reprendre les rênes, obtenir le contrôl qui m'avait échappé.
Cela ne va pas à l'encontre de ce que nous construisons depuis des mois, sinon tout serait déjà fini. Ce que je cherche à expliquer c'est que nous, c'est sûr, solide, ça ne peut être détruit par mon désir amitieux -mal placé-. Je S A I S ce que je fais.

France
Tunisie
